Blog de l'auteur-écrivain d'anticipation Yves Herbo.
Publication d'articles scientifiques, archéologiques, ufologiques, de nouvelles et essais, d'extraits de romans de l'auteur.
Ses avis, commentaires et philosophies sur la société humaine et les événements internes et externes concernant la civilisation humaine et son évolution. Compilations de données pour éducation et recherches scientifiques ou littéraires. Sauvegarde actuelle de son site https://www.sciences-faits-histoires.com/
Les plus anciennes momies du monde deviennent de la boue noire
Ce sont les plus anciennes momies (mummies) humaines découvertes dans le monde, au nord du Chili (et non pas en Egypte), et elles sont en train de se transformer en gélatine noire en raison d'une bactérie liée à la hausse du taux d'humidité locale. Les chercheurs chiliens ne savent pas comment l'arrêter et les fonctionnaires régionaux viennent de demander de l'aide à l'Agence culturelle des Nations Unies, l'UNESCO, afin de les faire reconnaître comme un site du patrimoine mondial.
Ce sont pour l'instant au moins 100 de ces momies qui sont touchées par le phénomène, éventuellement lié au réchauffement climatique qui semble aider la prolifération bactérienne et des champignons nocifs.
Credit: Vivien Standen
Bien sûr, obtenir cette reconnaissance ne sauvera pas les momies déjà touchées, mais les chercheurs espèrent que l'attention accrue de la communauté internationale les aidera à trouver des solutions à la gélatine noire.
Cette gélatine est supposée être le résultat de colonies de bactéries prospères dans la peau momifiée.
" La reconnaissance (de l'UNESCO) n'est pas un objectif en soi, mais le début d'un processus d'amélioration des outils de conservation, avec l'aide de l'État chilien et de la communauté internationale ", a déclaré Sergio Medina Parra, anthropologue et chef de département à l'Université de Tarapaca au Chili.
Depuis le début des années 1900, près de 300 momies humaines ont été découvertes le long des côtes du sud du Pérou et du nord du Chili, y compris des adultes, des enfants, des nourrissons et des fœtus de fausses couches.
A complete Chinchorro mummy at San Miguel de Azapa Museum in Arica, Chile. Credit: Vivien Standen
Certaines datent de 5050 avant JC, ce sont les plus anciennes momies découvertes dans le monde à ce jour. Elles ont été fabriquées par un groupe de chasseurs-cueilleurs connus sous le nom de Chinchorro, qui momifiaient leurs morts environ 2 000 ans avant que les anciens Egyptiens ne commencent à momifier leurs pharaons.
" Les datations que nous avons pour les corps disent qu'ils sont d'il y a 7000 ans... ils ont donc plus d'ancienneté relative en termes de travail intentionnel sur le corps humain que ceux trouvés en Egypte ", dit Medina Parra.
Tandis que les Egyptiens réservaient la momification à l'élite seulement, les Chinchorros semblaient momifier presque tout le monde, vieux ou jeune, suggérant qu'ils ont maintenu une société très égalitaire très longtemps.
" Les momies des Chinchorros n'étaient pas restreintes aux morts des classes supérieures, cette communauté était très démocratique " confirme Bernardo Arriaza de l'université de Tarapaca, qui dirige les fouilles dans la région depuis 30 ans, au Los Angeles Times.
Arriaza soupçonne que l'eau potable, contaminée dans la région à partir des volcans à proximité, pourrait avoir initié la pratique de la momification, parce que les chercheurs ont trouvé de l'arsenic dans les tissus des momies.
" L'empoisonnement à l'arsenic peut entraîner un taux élevé de fausses couches, et de la mortalité infantile, et la douleur de ces décès peut avoir conduit cette communauté à commencer à préserver les petits corps ", a-t-il dit. " La momification aurait pu commencer avec les fœtus et se développer ensuite pour inclure les adultes. Les momies les plus anciennes que nous avons trouvées sont des mommies d'enfants ".
The head of a Chinchorro mummy at San Miguel de Azapa Museum in Arica, Chile. (Photo courtesy of Marcela Sepulveda.)
La raison pour laquelle les momies ont été si incroyablement préservées durant tout ce temps est qu'elles ont été enterrées sous les sables secs du désert d'Atacama pendant des milliers d'années - où certaines parties de la terre n'ont pas été touchées par la pluie depuis plus de 400 ans.
Au cours du dernier siècle, le désert a été fouillé et les mommies transportées dans des institutions de recherche locales pour leur conservation.
Au début de l'année dernière (2015), les choses ont commencé à aller mal, et les conservateurs chiliens se tournèrent vers les scientifiques de l'Université de Harvard pour obtenir de l'aide. " Nous savions que les momies étaient en train de se dégrader, mais personne ne comprenait pourquoi ", a déclaré à l'époque le biologiste de Harvard Ralph Mitchell. " Ce genre de dégradation n'a jamais été étudié auparavant ".
L'analyse des échantillons de tissus des momies a révélé qu'ils étaient rongés par des bactéries - mais ce n'était pas des bactéries anciennes, elles étaient du genre qui vivent normalement sur la peau des gens. Et elles accélèrent le processus de dégradation comme rien d'autre.
" Aussitôt que la bonne température et l'humidité correcte sont apparues, elles ont commencé à utiliser la peau comme nutriments ", a déclaré Mitchell à Live Science, ajoutant que, " à moins que les chercheurs locaux puissent garder les momies de Chinchorros dans de bonnes conditions de température et d'humidité, les micro-organismes natifs vont mâcher ces corps tout de suite ".
Il n'y a pas encore d'informations pour savoir si la demande à l'UNESCO sera approuvée, mais espérons que les chercheurs locaux trouveront l'aide dont ils ont besoin pour garder ces momies en sécurité. Parce que des restes d'humains artificiellement préservés qui existaient plus de 2 millénaires avant les anciens Égyptiens est stupéfiant, et nous ne pouvons pas simplement laisser ceci être mangé...
" Préparer les momies était un processus compliqué qui a pris du temps - et des connaissances étonnantes ", a déclaré Marcela Sepulveda, professeur d'archéologie au département d'anthropologie et laboratoire d'analyses et de recherches archéométriques de l'Université de Tarapacá. Les Chinchorros ont d'abord extrait le cerveau et les organes, puis reconstruits le corps avec de la fibre, remplis la cavité du crâne avec de la paille ou des cendres, et utilisés des roseaux pour recoudre l'ensemble, reliant la mâchoire au crâne. Un bâton a gardé la colonne vertébrale droite et a été attaché au crâne. L'embaumeur a rétabli la peau en place - en maintenant l'intégralité parfois du corps avec de la peau des lions de mer ou d'autres animaux. Enfin, la momie était recouverte d'une pâte dont la couleur (faute d'autres données) est attribuée par les archéologues à différentes époques pendant les plus de 3.000 ans de fabrication de mommies des chinchorros - le noir étant fait de manganèse a été utilisé dans les plus anciennes, le rouge fait d'ocre dans des exemples plus tardifs, et une pate brune avait été appliquée sur les plus récentes trouvailles...
In the valleys of northern Chile, where the Chinchorro people lived 7,000 years ago, large numbers—perhaps hundreds—of mummies are buried just beneath the sandy surface. (Photo courtesy of Marcela Sepulveda.)
Selon Sepulveda et d'autres, il y a un grand nombre - peut-être des centaines - de momies Chinchorros enterrées juste sous la surface sablonneuse dans les vallées de la région. Elles sont souvent découvertes lors de projets de construction neuve et des travaux publics. L'élévation des niveaux d'humidité peut rendre les momies non récupérées sensibles aux dommages. Alors que le processus de dégradation est relativement contrôlé au musée, il est pire dans les sites exposés à l'environnement naturel. « Qu'en est-il de tous les artefacts sur le terrain ? » demande Mitchell. « Comment les conserver à l'extérieur du musée ? Existe-t-il une réponse scientifique pour protéger ces objets historiques importants contre les effets dévastateurs du changement climatique ? ".
" La solution au défi de pouvoir préserver les momies Chinchorros de 7 000 ans, estime Mitchell, peut s'inspirer de la science du XXIe siècle. Vous avez ces corps là-bas et vous posez la question: Comment puis-je les empêcher de se décomposer ? C'est presque un problème médico-légal ".
Vivien Standen, Bernardo Arriaza et Mariela Santos, de l'Université de Tarapacá, et Philippe Walter, du Laboratoire d'archéologie moléculaire et structurale de Paris, ont participé à cette recherche bactérienne de 2015. Le travail a été soutenu par Harvard SEAS, le Conseil national de recherche scientifique et technologique au Chili, et l'Universidad de Tarapacá. Aujourd'hui en 2016, chacun espère en de nouveaux moyens apportés par l'UNESCO et les services publiques...
Sources : http://www.sciencealert.com/the-oldest-mummies-in-the-world-are-turning-into-black-slime https://www.seas.harvard.edu/news/2015/03/saving-chilean-mummies-from-climate-change Yves Herbo, Sciences et Fictions et Histoires, http://herboyves.blogspot.com/, 15-11-2016
Charles Hickson (né en 1931, mort en 2011) et Calvin Parker (né en 1954)
Le 11 octobre 1973, Charles Hickson, âgé de 42 ans, et Calvin Parker, âgé de 19 ans et tous deux employés du chantier naval voisin de Walker sur la Pascagoula, partent vers 19 h faire une partie de pêche sur la même rivière, un affluent du Mississippi.
jetée du chantier naval de Shupeter
Vers 21 heures, ils sont en pleine pêche près de la jetée du chantier naval de Shupeter, et ont déjà capturé un poisson-chat lorsque Hickson se détourne pour prendre un appât frais et entend un genre de sifflement. Il dirige sa tête en direction du bruit et aperçoit un objet bleu-gris allongé, de forme ovale. "L'engin" possède des lumières bleues très brillantes qui clignotent. L'objet n'est qu'à 60 cm du sol en apparence, à une vingtaine de mètres d'eux. C'était un vaisseau d'environ 30 à 40 feet de diamètre (de 9 à 12 mètres) et environ 10 feet de hauteur (3 mètres), qui se posa donc près d'eux. Une sorte de porte se releva, une forte lumière en sorti et trois créatures en émergèrent.
Hickson raconte " Quelque chose s'est ouvert. Pourtant, il n'y avait pas de porte. 3 créatures se sont avancées vers moi en flottant. Je ne comprenais rien à ce qui se passait. J'étais terrifié. C'était des espèces de robots, ne faisant aucun bruit ni aucun effort pour communiquer et accomplissant leur tâche comme une sorte de routine. Je ne pouvais pas bouger. Je ne sais pas si c'est parce que j'étais paralysé ou non. Les créatures n'avaient pas de cous et avaient une peau très plissée et ridée, un peu comme les éléphants. Je ne pouvais voir si ils avaient des yeux, tellement leur peau était plissée. Ils avaient des sortes de tiges ou projections pointues là où on mettrait des oreilles et des mains qui ressemblaient à des moufles sans doigts ".
Ils sont tout de même assez proches des "petits gris", à part les yeux manquants : plus petits que des hommes (1m50), de couleur gris pâle, avec une peau ridée, des mains à deux doigts (ou pinces de crabe), de petites oreilles en forme de cône, un nez pointu et un trou à la place de la bouche.
Nos deux pêcheurs, incapables de bouger donc, virent les créatures s'approcher. L'aîné, Hickson, eut l'impression que le jeune Parker s'était évanoui d'effroi. Ce dernier, toutefois, se souvient parfaitement sous hypnose de son transfert à bord du vaisseau. Hickson, quant à lui, a le souvenir conscient d'avoir été saisi par deux des créatures et conduit avec son compagnon - en flottant dans les airs - vers l'objet.
Hickson se retrouva dans une salle brillamment éclairée. Il ne pouvait plus voir Parker et supposa qu'il avait été emmené ailleurs. Il se souvient d'un examen médical, effectué par une sorte d'appareil en forme de sphère-oeil-robot de la taille d'un ballon de football qui est sorti d'un mur, et qui tourne autour de lui à environ 25 centimètres de son corps. Hickson se retrouve suspendu dans le vide, en position allongée. Il est totalement paralysé. Seuls ses yeux sont encore mobiles. Puis les créatures le retournent pour que l'instrument puisse observer la totalité de son corps." Je ne sais pas combien de temps cela a duré, une demi-heure ou une heure et demie. Je n'avais pas de montre. Il y avait de la lumière partout, dans les couloirs, les murs, les sols ".
Puis son compagnon et lui furent reconduits sur les berges du fleuve, Parker encore inconscient, les bras sous lui. Hickson suppose qu'il est en état de choc. Hickson est déposé debout mais, incapable de se maintenir, il tombe aussitôt. Les créatures retournèrent à leur vaisseau qui décolla et disparut en une seconde, laissant en guise d'adieu un message télépathique : « Nous sommes pacifiques, nous ne vous voulons aucun mal ».
En fait, leur enlèvement n'a pas duré plus de 20 minutes. Les 2 hommes s'assoient dans leur voiture pendant 45 mn, pour essayer de se calmer. Hickson boit du whisky. Après en avoir discuté, ils décident de signaler leur expérience à la base Air Force de Keesler proche, qu'ils appelent. On leur répond que l'Air Force n'est plus en charge d'enquêter sur les ovnis et on leur suggère de rapporter leur témoignage à la police locale.
L'entrée de la base militaire en question
Les deux hommes vont le soir même raconter leur histoire au shérif du coin, qui la consigna par écrit, bien qu'il pense à un canular. Hickson affirme qu'il a demandé au shérif Fred Diamond de ne pas parler de leur mésaventure mais, dès le lendemain, les médias eurent vent de l'affaire et leur histoire avait fait le tour du monde. Les deux compères passèrent plusieurs fois aux détecteurs de mensonges, qui les trouva de bonne foi (tout en n'oubliant pas que ces détecteurs ne peuvent détecter la vérité ou non si la personne croit réellement a son histoire - ne ment pas donc, cela enlève juste la possibilité d'une tentative d'escroquerie volontaire).
Vers 22:30, ils arrivent donc au bureau du sherif du comté de Jackson (Mississippi), avec le poisson-chat qu'ils avaient pris en pêchant. Le sherif Fred Diamond interroge les 2 hommes dans une pièce isolée, trouvant Parker particulièrement perturbé, mais doutant de Hickson qui avoue avoir bu. Par la suite il les laisse seuls dans la pièce, dont les micros continuent d'enregistrer leurs propos sans qu'ils le sachent :
Le Shérif Diamond
Parker : Il faut que je rentre chez moi et que je me couche ou que je prenne des calmants ou que je voie un docteur ou quelque chose. J'en peux plus. Je vais devenir fou.
Hickson : T'inquiète, quand on sera sortis, je vais te trouver quelque chose pour te calmer et que tu puisses dormir.
Parker : C'est impossible que je dorme comme ça. Je suis juste en train de devenir fou.
Hickson : Ben, Calvin, quand ils t'ont sorti - quand ils m'ont sorti de cette chose, "goddamn it I like to never in hell got you straightened out".
Parker (élevant la voix) : Mes putains de bras, mes bras, je me souviens qu'ils se sont tout simplement figés et que je ne pouvais pas bouger. Comme si j'avais marché sur un serpent à sonnettes.
Hickson (soupir) : Moi ils ne m'ont pas fait ça.
Parker : Je me suis évanoui. Je crois que je ne me suis jamais évanoui dans toute ma vie.
Hickson : J'ai jamais rien vu comme ça avant dans ma vie. Les gens ne peuvent pas y croire-
Parker : Je ne veux pas rester assis ici. Je veux voir un docteur-
Hickson : Ils feraient mieux de se réveiller et de commencer à y croire... ils feraient mieux d'y croire.
Parker : Tu as vu comment cette putain de porte s'est relevée ?
Hickson : Je ne sais pas comment ça s'est ouvert, fiston. Je ne sais pas.
Parker : Ca s'est juste relevé et juste comme ça ces fils de pute - juste comme ça ils sont sortis
Hickson : Je sais. Tu ne peux pas y croire. Les gens ne peuvent pas y croire.
Parker : A ce moment-là j'ai été paralysé. Je ne pouvais pas bouger.
Hickson : Ils ne pourront pas y croire. Ils devront bien y croire un de ces jours. Ca pourrait être trop tard. J'ai toujours su qu'il y avait des êtres d'un êtres d'un autre monde qui existaient. Je l'ai toujours su. J'ai jamais pensé que ça m'arriverait.
Parker : Tu sais toi que je ne bois pas.
Hickson : Je sais, fiston. Quand je vais rentrer je vais prendre un autre verre, ça va me faire dormir. Attends, pourquoi est-ce qu'on est assis ici ? Il faut que je prévienne Blanche... on attend pour quoi là ?
Parker (paniqué) : faut que je rentre à la maison. Je suis malade. Il faut que je sorte.
Hickson se lève et quitte la pièce, laissant Parker seul.
Parker : C'est difficile à croire... Oh mon dieu, c'est horrible... Je sais qu'il y a un Dieu dans ce monde...
Le même jour, Larry Boothdéclare avoir vu un ovni dans la même région.
Le lendemain de l'événement, le bras de Hickson saigne d'une petite piqûre, à l'endroit où les êtres l'auraient aggripé. En quelques jours, la ville est envahie par beaucoup de journalistes. Les Ufologues James Harder, de l'Aerial Phenomena Research Organization (APRO) et J. Allen Hynek ont interrogé les deux hommes. Harder a tenté de les hypnotiser et a conclu que Hickson et Parker "ont connu un phénomène extraterrestre", alors que Hynek pensait qu'ils avaient "une très réelle expérience effrayante".
Suite aux doutes de la police, Hickson et Parker demandent à ce qu'on les passe au détecteur de mensonges. C'est fait le 30 octobre, avec succès. Le sceptique Philip Julian Klass arguera que l'opérateur du polygraphe était inexpérimenté et incompétent (il faut bien qu'un sceptique dise quelque chose, à tout prix). Par la suite, Hickson et Parker sont soumis encore, à leur demande, au détecteur de mensonges, avec succès, à nouveau...
Quand Charles sortit de la salle, le shérif Diamond lui proposa de revenir le lendemain matin pour faire une déclaration complète, mais ce dernier refusa, expliquant qu’il voulait éviter toute publicité pour épargner sa famille. D’ailleurs, il pensait à sa femme, qui devait s’inquiéter, et maintenant qu’il avait tout raconté, il ne désirait qu’une chose, rentrer chez lui pour la rassurer. Avant de quitter le poste, Charles et Calvin passèrent un accord avec le shérif et son adjoint, qui s’engagèrent à garder le silence sur toute l’affaire. Selon le capitaine Ryder: " Après avoir écouté la bande, je les ai crus. S’ils ont menti, alors ils devraient devenir acteurs à Hollywood, parce qu’ils sont des comédiens hors pair ".
Cette nuit-là, aucun des deux hommes ne parvint à dormir mais le lendemain, ils allèrent néanmoins travailler comme si de rien n’était. Au cours de la matinée, un reporter de la ville de Jackson téléphona à Charles, qui occupait un poste de contremaitre au chantier naval, lui demandant de lui raconter les événements de la nuit précédente, puis le shérif Diamond l’appela à son tour pour le dire de venir le plus vite possible car de nombreux journalistes avaient envahi son bureau, et posaient des questions sur l’enlèvement. Charles se mit alors en colère, accusant le shérif d’avoir trahi sa promesse, mais ce dernier lui assura n’avoir parlé de l’affaire à personne, reconnaissant cependant que quelqu’un de son service avait du le faire. Johnny Walker, qui travaillait pour le chantier naval, entendit des brides de la conversation et aussitôt il contacta Joe Colingo, qui était l’avocat de la compagnie mais également son beau-frère, lequel décida d’accompagner ses nouveaux clients au bureau du shérif.
Aussitôt arrivés, Charles et Calvin, qui avaient peur de ne pas être crus, demandèrent à passer au détecteur de mensonge, mais le shérif Diamond leur expliqua que son service n’en était pas équipé. Malgré leur réticence initiale, les deux hommes acceptèrent de répondre aux questions de quelques journalistes et l’un d’entre eux s’empressa de prévenir le Dr James Harder et le Dr J. Allen Hynek, qui venait de créer un centre d’étude sur les ovnis à Chicago, que des employés du chantier naval prétendaient avoir été enlevés par des extraterrestres.
le Dr James Harder et le Dr J. Allen Hynek
Une fois sur place, les enquêteurs interrogèrent les deux hommes puis ils les placèrent sous hypnose régressive mais durant la séance, Charles se montra tellement effrayé que l’expérience dut être arrêtée. De leur enquête, les Dr Harder et Hynek en conclurent que les deux hommes disaient la vérité et qu’un événement extraordinaire s’était bien produit au bord de la rivière Pascagoula. M. Hynek déclara à la presse que Charles Hickson et Calvin Parker avaient connu une expérience fantastique et M. Harder affirma: " Je crois en leur histoire en raison de la panique absolue qu’ils ont montrée pendant la régression hypnotique. Un sentiment de terreur extrême est pratiquement impossible à simuler sous hypnose ".
Depuis le début de la matinée, Charles et Calvin, qui avaient réfléchi à leur mésaventure, s’inquiétaient à l’idée d’avoir été irradiés par l’objet et Tom Huntley, du bureau du shérif, fut alors désigné pour les accompagner à l’hôpital de Singer River afin d’y effectuer des tests. Malheureusement, l’établissement ne possédait pas l’équipement nécessaire et ils furent redirigés vers la base militaire aérienne de Keesler, que l’officier Huntley se chargea d’appeler. Quand ils arrivèrent à la base, la zone avait été évacuée, des militaires les attendaient dans une jeep et tout le monde semblait très inquiet. Les deux hommes furent alors amenés dans un endroit spécial, où des gens qui portaient des vêtements de protection les contrôlèrent minutieusement, avant de leur expliquer que des traces de rayonnement avaient été trouvées sur Calvin, mais que Charles n’en présentait aucune.
Dessin par l'USAF d'après le témoignage
Une réunion avait été prévue avec plusieurs responsables de la base aérienne qui se montrèrent très intéressés par leur histoire mais qui semblaient déjà tout connaitre des choses dont ils parlaient. Le lieutenant-colonel Derrington de la police de la sécurité, le colonel Amdall, Président du Département de médecine, et plusieurs autres officiers de la santé et de la sécurité posèrent des questions aux deux hommes, sous les regards attentifs de l’officier Huntley et de M. Colingo. Un rapport fut ensuite établi, qui faisait 17 pages et qui contenait toutes les informations que les militaires avaient pu réunir sur l’affaire. Dans ce document, il était indiqué qu’un ovni avait été observé par différents témoins lors de la nuit du 11 octobre 1973, y compris par un agent de probation et de libération conditionnelle, M. Raymond Broadus. Quelques années plus tard, le capitaine Ryder reconnut publiquement que M. Broadus lui avait rapporté avoir vu quelque chose d’étrange voler dans les airs le soir de la rencontre. Selon le capitaine, M. Broadus était un honnête homme et il l’avait cru sur parole: " Il est mort maintenant, mais c’était un homme bien. Il n’aurait pas inventé quelque chose comme ça ". Avant de partir de la base les deux hommes tentèrent d’obtenir un exemplaire du rapport où était consigné leurs témoignages, mais leur demande fut rejetée.
Le lendemain de la rencontre, l’affaire s’étalait déjà sur les premières pages des journaux de Pascagoula et de Gulfport et les jours suivants, elle devint mondialement connue. Charles, convaincu que les créatures étaient amicales, le clamait dans toutes les interviews: " Les occupants du vaisseau ressemblaient à des robots. Ils agissaient comme s’ils avaient une mission précise à accomplir. Ils n’essayaient pas de communiquer avec nous. Maintenant, je sais qu’ils n’avaient pas l’intention de nous faire de mal mais sur le moment, j’ai vraiment eu peur qu’il nous enlèvent. Ils ne nous voulaient pas de mal, j’insiste, car c’est important ".
Mississippi Press
Regroupant ses articles, le Mississippi Press sortit un livret spécial consacré à l’histoire, laquelle fut ensuite reprise par des magazines, des livres de poche et une bande dessinée, qui prétendaient tous raconter les faits mais en proposaient souvent une version altérée. L’enlèvement de Pascagoula donna aussi des idées à certains. A Long Beach, au Mississippi, un chauffeur de taxi rapporta à la police qu’un être avec des tenailles à la place des mains avait tapoté à sa fenêtre, avouant avoir tout inventé deux jours plus tard. A Mobile, une station de télévision prétendit être en train de filmer un ovni, dont la venue avait été prédite par un médium, près de la rivière Pascagoula. Environ 1000 voitures convergèrent sur les lieux, où rien ne se passait. Un magistrat d’Ocean Springs proposa alors une ordonnance, interdisant aux ovnis de circuler à la vitesse de la lumière sur l’Autoroute 90, mais Tom Stennis, le maire, vota contre, expliquant en riant qu’il ne voulait pas décourager le tourisme.
Si ces plaisanteries pouvaient être amusantes, depuis l’incident, la vie des deux hommes était devenue un cauchemar. Ils avaient du mal à dormir, à manger et sortir de chez eux étaient devenue une source d’angoisse. Charles plaignait terriblement Calvin, qui avait été tellement traumatisé par la rencontre qu’il avait du être hospitalisé pour dépression nerveuse. Pour lui, qui avait fait la guerre de Corée et qui avait été confronté à la mort à plusieurs reprises, les événements étaient plus faciles à surmonter. Ceci étant dit, cette expérience restait la plus effrayante de sa vie. " Je connais la peur. Je me suis battu pendant 20 mois dans des combats au corps à corps en Corée. La seule chose dont j’ai peur, c’est un serpent. Je vais courir si je vois un serpent. Mais ça, ça n’était pas normal… Cette chose a vraiment perturbé Calvin. Il était si jeune. Il n’a pas pu le supporter ".
Les deux hommes, qui avaient demandé à passer au détecteur de mensonges, furent finalement invités à se rendre à la Nouvelle-Orléans pour y subir une série de tests mais Calvin étant toujours hospitalisé, Charles Hickson s’y présenta seul. Le 31 octobre, Scott Glasgow lui fit passer des tests pendant deux heures et demi avant de déclarer qu’il disait bien la vérité. Malheureusement, l’opérateur n’avait pas encore terminé sa formation, il n’était pas diplômé, et certains se servirent de cet argument pour remettre en cause les résultats de l’examen. (comme si un diplôme garantissait l'absence d'erreur ou l'inverse !).
Charles Hickson 1974
En février 1974, Charles décida qu’il en avait assez de rester enfermé chez lui et qu’il voulait recommencer à pêcher. Un jour, il était parti chasser des écureuils dans une grande plantation arboricole que l’un de ses amis possédait près de Gautier et il venait de s’asseoir près d’un arbre pour manger un sandwich quand soudain apparut un engin, qui était en tous points identique à celui qu’il avait vu le 11 octobre 1973. Le vaisseau descendit dans une zone dégagée et Charles n’en voyait plus que le haut quand brusquement une voix s’immisça dans sa tête, qui commença à lui parler. " C’était comme un signal radio ou quelque chose dans ma tête. Ils ont dit: " Dites aux gens que nous ne vous voulons aucun mal. Vous avez souffert. Vous avez été choisi. Vous ne devez pas avoir peur. Votre monde a besoin d’aide. Nous allons vous aider avant qu’il ne soit trop tard. Vous n’êtes pas prêt à comprendre. Nous reviendrons bientôt ".
Charles ramassa alors son fusil et il retourna directement chez lui. Un mois plus tard, la même voix s’imposa une nouvelle fois dans sa tête alors qu’il se trouvait dans son arrière-cour, lui transmettant le même message, et toute la peur qu’il ressentait encore le quitta brusquement. Charles raconta ses expériences au Dr Hynek qui lui expliqua qu’il était possible, et même probable, qu’un implant ait été placé dans son corps, qui permettait aux créatures de communiquer avec lui. Quelques temps plus tard, d’autres scientifiques confirmèrent cette hypothèse, soulignant qu’ils ne savaient pas ce qu’ils devaient chercher et que s’ils le trouvaient, ils ne le reconnaitraient probablement pas. Charles comprit alors qu’il allait devoir apprendre à vivre avec cet objet à l’intérieur de son corps, et cette pensée le terrifia.
Quelques temps plus tard, de nouvelles séances d’hypnose lui permirent de se rappeler consciemment que dans le vaisseau, il avait vu les êtres qui les avaient enlevés, Calvin et lui, par un hublot. Ils l’observaient d’un autre compartiment, et leur apparence était presque humaine.
Au mois de mai de la même année, Charles revenait de visiter sa famille dans le comté de Jones et il roulait sur la route, tard dans la nuit, quand soudain il remarqua une étrange lumière dans le ciel, qui semblait suivre leur voiture. Elle vola derrière eux pendant quelques temps, gardant toujours une certaine distance, puis brusquement elle se rapprocha, semblant vouloir se poser devant le véhicule. Charles montra alors le vaisseau à sa fille Sheila, qui était alors âgée de dix-huit ans et qui était assise à l’avant près de son mari, mais sa femme Blanche le vit aussi et aussitôt, elle se mit crier.
Pensant qu’une chance de rencontrer les mystérieux visiteurs s’offrait enfin à lui, Charles, qui voyait leurs silhouettes se découper dans la fenêtre sur le bord de l’embarcation, demanda à son gendre d’arrêter la voiture puis il tenta d’en descendre mais sa femme s’y opposa, le retenant de ses mains et criant au conducteur de redémarrer. Selon Blanche Hickson: " C’était une chose terrifiante à voir. Ça m’a durement affectée. Ça m’a terrifiée. Nous nous sommes arrêtés et Charles voulait sortir, mais je ne voulais pas le laisser faire. Nous l’avons tous attrapé et nous l’avons retenu. L’engin a plané là un moment, puis il a tout simplement disparu ".
Blanche Hickson
Finalement, même s’il n’avait pas pu rencontrer les pilotes de l’engin, Charles n’était pas déçu. En fait, il se sentait soulagé que des membres de sa famille aient été témoins de cette apparition car si tout le monde semblait le croire, il avait toujours eu peur que certains aient des doutes et il se disait que maintenant, ils étaient forcément convaincus.
De son côté, Calvin Parker vivait les choses très différemment, fuyant tout ce qui pouvait lui rappeler la nuit de son enlèvement. Le jeune homme s’était marié à la fin de l’année 1973 puis il avait quitté son métier, s’engageant dans l’industrie pétrolière et acceptant principalement des contrats en dehors de l’état pour échapper à l’attention dont il faisait l’objet. Il avait énormément de mal à gérer sa notoriété et si jamais quelqu’un le reconnaissait alors il abandonnait son travail et en cherchait un autre.
Au cours des années qui suivirent, Charles donna de nombreuses conférences, racontant son enlèvement et expliquant qu’il était toujours en contact avec des êtres d’une autre planète, qui communiquaient avec lui suivant leur bon vouloir et lui parlaient de l’avenir du monde. Il demandait aux hommes d’arrêter les guerres, de faire attention à la pollution etc…, annonçant qu’en 1992, ses interlocuteurs extraterrestres se feraient publiquement connaitre, qu’ils ne feraient de mal à personne et qu’ils n’interféreraient en rien avec les affaires de la Terre. Lors de ses apparitions publiques, Charles parlait également de sa foi et de Dieu, qui avait créé monde mais également de nombreuses autres planètes peuplées de différentes créatures.
En 1983, Charles Hickson écrivit un compte rendu complet de l’affaire, Ufo Contact at Pascagoula, en collaboration avec William Mendez, un professeur des collèges. Le livre, qui fut publié, contenait de nombreuses informations, des photos, des interviews, les retranscriptions des séances d’hypnose, et une description de ses différentes rencontres.
Sil tentait de préserver sa vie privée, Calvin Parker participa néanmoins à quelques conventions sur les ovnis et il fut hypnotisé par Budd Hopkins, un ufologue reconnu. En 1993, il tenta de lancer une entreprise, UFO investigation, pensant produire des reportages sur les ovnis pour la télévision, mais il abandonna rapidement son projet. Au cours de cette même année, il donna une surprenante interview, déclarant que les créatures qui leur avaient rendu visite cette nuit-là avaient directement été envoyées par Satan.
Charles et Calvin vers la fin des Années 1990
Au fil des années, de nouveaux témoins se firent connaitre, parmi lesquels Mike Cataldo, un officier de la marine à la retraite dont le témoignage avait été ignoré en 1973 et qui fut finalement entendu en octobre 2001, soit vingt huit ans plus tard.
" Cette histoire est vraie. Nous, Ted Peralta, Mack Hanna et moi, avons quitté le chantier naval et roulé sur l’autoroute 90, vers l’ouest en direction de Buloxi, au Mississippi, dans la Volkswagen de Ted. La nuit n’était pas encore tombée, et il y avait encore un peu de lumière du jour, qui permettait de voir. Lorsque nous avons vu cette chose à travers le pare-brise, nous avons pensé que c’était une étoile filante qui allait de droite à gauche, mais ensuite elle est descendue dans une zone marécageuse, bordée d’arbres, et elle a plané pendant environ 30 secondes. Elle tournait et elle avait des lumières clignotantes sur le dessus et tout autour, qui formaient un cercle. Ces lumières clignotantes étaient disposées comme si vous colliez des lumières sur le côté d’un moule à gâteau. Cette chose était comme un chapeau de marin de couleur gris-blanchâtre, ou comme un tambourin, et elle était à moins de 800 mètres de distance mais elle semblait aussi grande que le plus grand avion de ligne américain que j’ai jamais vu. Alors elle s’est éloignée, et tout d’un coup elle a disparu ".
Mike Cataldo expliqua également que si de nombreux automobilistes avaient ralenti pour regarder l’engin volant, ils étaient les seuls à s’être arrêtés. Les trois hommes s’étaient séparés peu de temps après, Mike avait récupéré sa voiture personnelle et il avait commencé à rouler vers Ocean Springs. Le soleil se couchait à peine quand brusquement le même objet était apparu une nouvelle fois, à environ la même distance, et il avait pu l’observer pendant une minute avant qu’il ne s’éloigne et disparaisse de la même manière que précédemment. En rentrant chez lui, M. Mike en avait parlé immédiatement à sa femme et le lendemain, il était retourné sur le site avec Ted et Mack. Les trois hommes avaient discuté du phénomène, se demandant s’ils devaient raconter ce qu’ils avaient vu, et comme Mike pensait que l’observation devait être signalée, il en avait parlé à Nick, son agent de division, puis au lieutenant-commandant Heath, lui faisant un rapport verbal des événements. Malheureusement, son témoignage n’avait servi à rien car aucun de ses supérieurs hiérarchiques ne l’avait consigné par écrit.
" Pas un seul d’entre eux ne m’a pris au sérieux, et je n’en ai plus jamais entendu parler. Personne ne m’a jamais demandé quoi que ce soit à ce sujet. Je n’ai rien su de l’enlèvement d’Hickson/Parker jusqu’aux jours suivants. C’est arrivé un jeudi et il a fallu attendre le dimanche suivant pour que je vois dans le journal du matin que deux hommes avaient été enlevés par une soucoupe volante. A ce moment-là, je vous le dis, j’ai failli mourir ".
Le lendemain matin, le 15 octobre, Mike avait parlé de la situation avec sa femme, et songeant qu’il était important qu’il signale son observation, d’autant plus que deux hommes disaient avoir été enlevés, il avait alors appelé la base de Keesler. Une assistante responsable des relations publiques lui avait répondu, il lui avait raconté son histoire et bizarrement, les choses en étaient restées là.
" Je n’ai jamais parlé au gars impliqué, Charles Hickson, je n’ai jamais discuté de ce cas avec eux, je ne les ai jamais rencontrés, je ne les connaissais pas et je n’avais aucune implication dans ce qu’ils ont dit. Je n’ai jamais revu d’ovni depuis, jamais. Et je n’en avais jamais vu avant. Mais c’était sacrément réel. Je ne peux rien dire sur ce qu’ils ont fait. Je ne sais même pas si ce que j’ai vu correspond à ce qu’ils ont vu, mais je sais ce que j’ai vu et où je me trouvais. Là où nous avons vu la chose passer dans le ciel à travers le pare-brise était exactement la zone où Hickson et Parker ont rapporté avoir été pris à bord ".
Au cours des années suivantes, Mike avait souvent parlé de l’ovni à sa femme et à ses enfants, mais personne ne l’avait jamais contacté. En 2001, Natalie Chambers, un journaliste, avait découvert son témoignage, il s’y était intéressé et il avait retrouvé son auteur afin de l’interviewer...
Charles Hickson en 1998
Suite à des problèmes de santé, Charles Hickson avait du passer des examens et il possédait plusieurs radios de son crâne, qu’il sortait parfois pour les montrer aux journalistes: " Regardez, vous voyez ce petit truc derrière mon œil droit ? Je pense qu’ils m’ont implanté quelque chose là-dedans. Je suis allé à l’hôpital de la Nouvelle-Orléans deux fois. J’ai été voir un cancérologue à l’Université de Tulane. Personne ne comprend ce que c’est. Moi je pense que c’est peut-être comme ça qu’ils me suivent. Ça ne me fait pas mal. Ça n’a pas d’incidence sur ma vision. Ça m’a juste était révélé quand ils prenaient des radios des artères de mon cou ".
En 2006, Calvin Parker déménagea à Moss Point et en 2010, il subit un accident vasculaire cérébral qui lui laissa de graves séquelles. Avec les années, les sollicitations étaient devenues moins fréquentes, mais elles n’avaient jamais cessé et Calvin le vivait toujours aussi mal.
Charles Hickson mourut en septembre 2011, à l’âge de 80 ans, sans jamais avoir changé sa version de l’histoire. Selon son fils, Eddie Hickson: " La seule chose qu’il voulait, c’était que tout le monde sache que nous ne sommes pas seuls. Il ne s’inquiétait pas de savoir si vous l’aviez cru ou non. Mais si vous vouliez l’écouter, il vous le disait. Il n’a jamais compris pourquoi il avait été choisi. Mais il ne m’a jamais dit une seule fois qu’il voulait que ça ne soit jamais arrivé. Jamais ".
Voici une interview complète des deux hommes peu de temps après leur enlèvement, par le NICAP. Il y est mentionné que c'est la première fois que des enlevés sont interrogés et enregistrés (au poste de police) aussi peu de temps après les faits... :
Allemagne : L'engloutissement de la cité de Rungholt
Comme plusieurs cités ou ports historiques ou légendaires, disparus ou engloutis au fil du temps, il y a longtemps eu des interrogations sur la réalité de l'existence de la cité de Rungholt, sur les côtes nord de l'Allemagne, en l'absence de traces matérielles étudiables. Un peu comme Vineta, dont je parle ici, il y avait des traces écrites et donc des "témoignages littéraires", mais aucun preuve réelle. En fait, on peut dire que, comme la ville de Troie - issue principalement à l'origine des poèmes (et fictions pour beaucoup) d'Homère sur la fameuse guerre qui y est décrite - la légende est devenue réalité, avec l'effective découverte d'artefacts et de preuves étudiées...
Mais, que s'est-il passé ? Que sait-on vraiment sur cette cité disparue, son ancienneté et histoire ? Et enfin, qu'a-t-on trouvé depuis sa citation dans des écrits du moyen-âge ?
Voici deux maps de la région en question. Celle de gauche montre la contrée a l'époque de la création de ces deux cartes, en 1651, avec les fonds marins visibles (à gauche) et à droite est une reconstitution des côtes avant leur submersion en 1362
Rungholt est donc une légende locale à l'origine car ce n'est pas une très grande ville, elle n'héberge apparemment pas de grand seigneur. C'est un grand port tout de même à priori et une ville de 500 maisons environ et 3000 habitants, ce qui est assez important pour la période estimée de son premier engloutissement. Il faut aussi préciser que son emplacement n'était pas en Allemagne à l'époque, mais dans le Nordfriesland, dans ce qui était alors le Duché Danois de Schleswig (et donc maintenant la Frise Septentrionale allemande). Et les écrits mentionnant son existence datent pratiquement tous de documents datant du 16ème siècle, bien plus tard donc après la première catastrophe, mais plus proche de la deuxième... Parfois appelé l' "Atlantis de la mer du Nord", le Rungholt de la légende était une grande ville riche et la catastrophe était soi-disant une punition divine pour les péchés de ses habitants... une légende commune à beaucoup de cités englouties !
Ce texte date de 1345 (avant la disparition de la cité donc) et est un testament mentionnant la ville de Rungholt... un accord commercial entre Hamburger et Rungholt, daté du 1er mai 1361, a été aussi trouvé. Cet accord de commerce et des trouvailles de pichets rhénans corroborent la présomption que Rungholt était le principal port de Edoms Hundred.
Nous ne connaissons donc pas les origines et ancienneté de ce port commercial ou comptoir, mais les artefacts découverts depuis prouvent le commerce de denrées agricoles, et d'ambre de la Baltique. Un commerce de l'ambre qui date donc probablement de la plus haute antiquité, voir du néolithique selon l'archéologie scandinave et de la Baltique, Mer du Nord... Les historiens savent aussi que cet endroit a été habité par le peuple du roi Danois Viking Friesen, qui a peuplé le Uthland (devenus les Frisons)... C'est donc bien l'ancien Uthland (qui a donc une étrange consonnance "Atlante" pour certains chercheurs !) qui a en grande partie disparu sous les flots à force de multiples tempêtes...
L'antique Uthland et ses villes principales bien avant la catastrophe de 1362...
Ce que nous savons d'après les manuscrits du 16ème siècle donc, c'est qu'une énorme tempête, appelée la seconde "Grote Mandraenke", a ravagé les côtes de la Mer du Nord et de la Baltique le 16 janvier 1362. Cette tempête (surnommée aussi comme étant une "onde de tempête" par les spécialistes et ayant aussi le nom de Second Marcellus Flood car la première Grote Mandraenke s'est produit le même jour de la Saint Marcel, mais le 16 janvier 1219) a réellement englouti de larges pans de terres immergées car l'eau ne s'est pas retirée... En fait, entre 10.000 et 25.000 personnes sont considérés comme avoir péries lors de cette tempête, qui a ravagé au moins 30 colonies littorales et modifié ce même littoral, emportant de larges parcelles de terres dans la Mer des Wadden (ou Watten en allemand)... (d'autres textes parlent de 7 villages engloutis dans la même région, mais il y en a eu d'autres au Danemark, Hollande et même en Grande-Bretagne d'après les archives...).
Situation de la Mer des Wadden, partie de la Mer du Nord
Les lieux de nos jours... cette photo a été prise à 1000 mètres de hauteur, en direction de l'Ouest à partir de Südfell de NordStrand, les vestiges de Rungholt seraient exactement au centre. (Ralf Roletschek [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html) or CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons
Zoom sur Rungholt engloutie par l'eau et les sables... cliquez pour agrandir encore
Ce qui n'a pas arrangé les choses concernant la recherche et découverte de vestiges de cette cité est aussi le fait qu'une deuxième tempête, du même type, se produisit au même endroit en 1634, faisant disparaître encore plus de terres. En fait, on estime que la cité était à l'origine sur l'île de Strand. Mais l'île de Strand a été entièrement ravagée par la première onde de tempête du 14ème siècle, et encore entièrement submergée par la seconde. Seuls les îlots de Pellworm, Nordstrand et Nordstrandischmoor demeurent comme fragments de l'île de nos jours...
Impressionné par le sort de la ville, ses reliques, et non moins par les descriptions excessives des légendes, le poète allemand Detlev von Liliencron a écrit un poème populaire en 1882 appelé "Trutz, Blanke Hans" à propos de la disparition de la ville, qui commence par les mots: Heut bin ich über Rungholt gefahren, die Stadt ging unter vor fünfhundert Jahren. (" Aujourd'hui , je me suis rendu au-dessus de Rungholt; la ville a coulé il y a 500 ans "). Theodor Storm mentionne également Rungholt dans son roman "Eine Halligfahrt".
Les recherches : Bien qu'on ait retrouvé des traces d'écrits mentionnant des découvertes dès le 17ème siècle (grâce à des chroniqueurs comme Matthias Boèce (dans son"De Cataclysmo Norstandico" il parle de la découverte fréquente de tranchées, de murs et même de chaudières en métal dans la Mer de Watt), de son contemporain Peter Sax et d'Anton Heimreich), ce n'est qu'entre 1921 et 1938 que des grandes marées laissent découvrir, dans la mer des Watten au nord de Südfall, des monticules, des citernes et des bâtiments qui sont étudiés et qui confirment certains détails des anciennes cartes du Moyen-âge.Le chercheur Andreas Busch fait à cette époque plusieurs découvertes d'anciens puits, et estime avec la population de Rungholt à entre 1500 et 2000 habitants (ce qui est important pour l'époque quand on considère qu'une capitale comme Hambourg au même moment possédait 5000 habitants...).
Recherches dans les années 1930 - Andreas Busch sur les lieux... le chercheur a cherché et découvert de nombreuses preuves entre les années 1920 et 1960...
Vers 1880 des pêcheurs découvrent de grands résidus de bois sur l'estran, et plus tard, une écluse a été trouvée; il a été estimé, cependant, que cela provenait d'un naufrage. De plus, des traces de charrue sont découvertes à plusieurs reprises dans des vieux champs morts sur les estrans, ainsi que des céramiques, des résidus de tuiles et même quelques épées qui sont aujourd'hui au Musée Nordsee. Dans les années suivantes, de grandes quantités de limon ont été emportés par les courants océaniques. Alors des restes de Rungholt sont réapparus, cependant, ils ont été détruits très rapidement par les marées. Et enfin, entre 1921-1940, un certain nombre de monticules, de puits et même un morceau de digue ont pu être cartographiés, donnant une bonne idée de la taille de la ville disparue.
On découvre que de nombreux bâtiments de Rungholt et de sa banlieue se trouvaient sur des monticules. Les monticules Rungholter consistaient en des monticules, qui ont été sauvegardés par environ 20 couches de tourbe et gazon contre le vent et les vagues. Des vestiges de 28 de ces monticules ont émergé clairement depuis le début des années 1920 à plusieurs reprises et ont été soigneusement cartographiés par Andreas Busch et décrits en partie. Cela a créé une carte qui pouvait être comparée avec les cartes traditionnelles de Rungholt. Cela a permis d'attribuer les différents monticules à des lieux: depuis, l'emplacement de Lütke Rungholt, de Grote Rungholt et de Niedam sont connus.
Sur et entre les résidus des monticules ont également été trouvés environ 100 puits, qui ont également été construits en tourbe et gazon (qui est imperméable). Le puits avait généralement un diamètre intérieur d'environ un mètre et fournissait probablement deux à trois foyers. L'estimation de la population dans ce domaine est basée sur ces constatations et hypothèses, qui indiquent le nombre d'habitants supposé être sur la zone au moment de la catastrophe (pouvant aller jusqu'à 3000 personnes sédentaires donc, sans compter les visiteurs et nomades).
Situation des monticules et ruines trouvées à marée basse
Un seul des monticules trouvés n'avait pas de restes de puits. Il se trouvait dans une région dans laquelle un nombre particulièrement élevé de buttes ont été découvertes les unes près des autres, le "Champ des Huit buttes" (dans lequel les neuf monticules ont été trouvés), au nord-ouest devant Hallig Südfall. Cette zone a été identifiée comme étant Grote Rungholt. Elle avait un tronçon de 900 mètres dans la direction est-ouest et de 600 mètres dans la direction nord-sud. Le plus méridional de ces monticules (d'après le recensement de Mr. Busch, le monticule 1), est à peu près au milieu de l'extension est-ouest, est donc dépourvu de puits. Alors, considérant que l'église était le seul bâtiment qui n'avait pas besoin de son propre approvisionnement en eau, ce monticule est généralement considéré comme le Rungholter de l'église. Cette hypothèse est étayée par l'observation de deux vestiges de fosses allongées dans le sol, qui auraient pu être des tombes. Cela pourrait même être le centre de la ville.
Sur l'un des deux monticules, qui appartenaient à l'endroit nommé Niedam et qui ont été étudiés entre 1932-1956, Bush a découvert en 1952 deux bandes parallèles de fondations, qui avaient probablement formées les murs d'un bâtiment. Les murs étaient de 5,30 mètres pour les extérieurs et pour l'intérieur de 3,80 mètres, l'épaisseur des parois correspondant à une mesure de 75 centimètres des fondations. C'était en fait une maison de tourbe et gazon (commune dans plusieurs pays nordiques, y compris de nos jours encore (les grassodenhaus), de sorte qu'elle était plus proche d'un chalet qu'autre chose. La tourbe et le gazon étaient alors dans cette région les matériaux de construction les plus largement utilisés, puisque les briques étaient très rares en raison du manque d'argile et devaient être transportées de loin.
Des vestiges d'un rampart de la ville sont introuvables, mais il y a probablement les empreintes de digues basses qui avaient été entre des écluses et les trois lieux. Le poids des digues avait comprimé le sol tourbeux, de sorte qu'une dépression profonde est restée après que les digues aient été emportées. Ces tranchées ont été mesurées, et à partir de leur largeur on peut conclure la hauteur de la digue : environ deux mètres, avec quelques fluctuations dans le cours de la digue. Dans certains endroits, des restes d'améliorations ou réparations de la digue ont pu être découverts. Ce sont des fosses, créées en prenant des tourbes de l'ancien sol, et des pieux pour sécuriser de nouveaux matériaux dans les digues.
Les prairies et les champs situés à l'intérieur de la digue avaient des fossés de drainage qui conduisaient l'eau recueillie à une vanne. Des restes de deux écluses en bois apparurent pour la première fois vers 1880 dans la Wadden, mais n'ont été reconnues en 1922 que comme des bâtiments et explorées par Andreas Busch. Elles sont à environ 500 mètres au nord-ouest de Lütke Rungholt. Entre 1922 et 1929, Busch a pu mesurer les écluses anciennes et les plus jeunes et récupérer une des bûches. Deux écluses supplémentaires ont été repérées en 1962.
Les mesures de Busch ont donné une dimension de l'ancienne écluse d'environ 20,50 x 3,30 mètres de largeur d'ouverture et pour la plus récente, une échelle des dimensions extérieures de 25,50 x 5,36 mètres avec une largeur de passage claire de 4,40 mètres. Dans ces conditions, ces écluses étaient exceptionnellement grandes. Les deux écluses étaient en bois. Dans l'écluse la plus ancienne, Busch a pu même prouver qu'elle avait fui. Elle avait été réparée avec du scellant et avait obtenu un étage supplémentaire; Il fallait donc construire l'écluse plus récente. Les écluses en bois avaient une espérance de vie d'environ 80 à 100 ans à cette époque. Par conséquent, on peut supposer que l'écluse la plus récente n'a pas été construite avant 1280, la plus ancienne vers 1200. C'était aussi la période du premier remblai de la zone, ce qui a rendu les écluses nécessaires. En raison de leur faible profondeur, les écluses ne peuvent pas avoir eu un effet de drainage profond.
En 1994, la datation des écluses a été interrogée avec un grand écho dans la presse, après que l'ethnologue Hans Peter Duerrait fait encore des découvertes au nord-ouest des trouvailles de Busch et les a nommé comme étant le véritable emplacement de Rungholt. Cependant, l'âge des barres d'écluse a été confirmé par une mesure avec le radiocarbone (mais sans calibration - les calibrations pour de bonnes datations au radiocarbone n'ont été établies qu'au 21ème siècle...); Les découvertes de Duerr sont maintenant attribuées à la ville voisine Frederingscap vel Rip, qui a également été détruite pendant l'inondation, mais reconstruite par la suite...
Les petites découvertes faites dans la région de Rungholt n'étaient généralement pas enregistrées par cartographie. La poterie provient principalement du 13ème et 14ème siècle. Il est à noter qu'il s'agit d'environ 30% de marchandises d'importation. Cette forte proportion de céramiques importées, qu'on ne connaît nulle part ailleurs dans la mer de Wadden, témoigne d'une grande prospérité, que la haute taxation de l'Edomsharde lisible dans le Waldemar Earth Book suggère. La plupart des céramiques importées, principalement de la pierre de poterie rhénane, mais aussi une cruche maure d'Espagne, et de la faïence rouge de Scandinavie, n'a pas été fabriquées au-delà du milieu du 14ème siècle. Une ocarina a finalement été trouvée dans cette région en 1943.
La période de l'existence et de la population de Rungholt peut être limitée à environ un siècle et demi avant sa destruction, ce qui est également soutenu par les découvertes de métal - tombes en bronze, fibules, armes, une petite balance... Leurs maisons reposaient sur environ 25 mètres et derrière une digue d'environ deux mètres de haut. Leurs moyens de subsistance étaient l'élevage, la production du sel des marais salants et le commerce. Autour de leur village, ils cultivent des céréales, surtout du seigle, dans des sillons surélevés (Wölbacker). Ils agrandirent les terres réhaussées (buttes) situées sous le niveau de la mer, sur lequel ils vivaient, en creusant deux barrages, que Andreas Busch avait identifié par erreur comme des écluses, et que Peter Sax mentionne également dans sa chronique au 17ème siècle.
Scan du bateau avec un endroit intéressant (extrait du documentaire ci-dessous)
plongée sur l'endroit en question (extrait du documentaire ci-dessous)
remontée d'un artefact (extrait du documentaire ci-dessous)
Des larmes des Dieux dans le Marais
De l'ambre pour le Pharaon, de l'étain vers Mycènes - déjà au temps du bronze, le Nord de l'Europe opérait un commerce à longue distance.Des vestiges en face de la côte nord-allemande créent maintenant de la confusion. Y a-t-il eu même un trafic direct de Pellworm vers les pyramides il y a 3000 ans ?
Sa vue était strictement fixée sur le sol, le guide Karsten Hansen, 65 ans, avançait dans la vallée de Hallig à travers la mer du Nord. Il était entouré d'un terrain humide gris sans fin, qui claquait à chaque pas sous ses pieds nus. Soudain, l'homme a vu une pierre bleue tachetée. L'élément d'intérêt brillait: un Lapis lazuli, un échantillon d'environ dix centimètres de l'Afghanistan. Cela a souvent été utilisé comme un cadeau pour un visiteur à l'âge du bronze.
Comment trouver un bijou dans les marais ?
Hansen fait partie de l'équipage de l'ethnologue Hans Peter Duerr, qui a été à la recherche de traces de la ville médiévale de Rungholt depuis 1994 - sur son propre temps libre et fond et illégalement - sur la côte nord. Avec un marin débarqué, la troupe chasse chaque année, à marée basse, et déambule avec des bottes en caoutchouc dans le limon. La dernière expédition a eu lieu en août. (cet article date de 2006).
Duerr et son équipe ont fait dans le limon une riche chasse au trésor, un butin sensationnel. Ils ont trouvé :
* des monnaies grecques du 4ème et 3ème siècle avant JC;
* des dents porcines de l'âge du bronze;
* des vestiges d'un cuiseur phénicien et
* des tessons d'un vase d'étrier et l'ancre d'un navire, tous deux de la période minoenne (vers 1300 avant JC).
Le savant suppose, pour l'accumulation d'antiquités méditerranéennes dans la mer des Wadden, une seule d'explication: " Sur la côte existait un vieux comptoir commercial depuis le 14ème siècle avant JC et une galère grecque a chaviré là ... "
Depuis que Duerr a présenté ses vestiges étonnants dans la partie photo d'un livre, il a été l'objet d'un débat hostile. Le Bureau archéologique de Schleswig (ALSH) tient l'homme pour peu plausible. Un des employés suspecte: "J'ai pensé que son propre équipage a jeté les morceaux dans le but de se moquer de lui . La vision qu'au cours de l'âge du bronze moyen, dans le nord de l'Allemagne (1550 avant JC), il y avait un commerce à longue distance par mer, était «pure fantaisie» ", dit le chercheur Hans Joachim Kühn du ALSH. " Il y a 3500 ans, il y avait tout au plus un échange régional de main en main et de tribu à tribu...".
Mais la rumeur va contre ce postulat maintenant. Plusieurs de ses aides ont raconté et validé au Spiegel les découvertes de Duerr. De plus, de nouvelles preuves visibles sont disponibles. Les vieux enseignements se fissurent:
* L'Institut Bonn Helmholtz pour la radiologie et la physique nucléaire a soumis les tessons critiques à une analyse par activation neutronique. Le mélange de matière de l'argile cuite est précisément examiné au millième près d'un gramme. Cela crée une sorte d'empreinte digitale. Résultat: Les tessons découverts dans le marais viennent " avec une forte probabilité de la région centrale crétoise, autour de Knossos et Phaistos " - et sont vraiment d'environ 3500 ans.
* Les particules de saleté qui adhèrent aux pièces ont également été examinées par Duerr, au laboratoire de recherche Rathgen à Berlin. La saleté correspond de façon similaire à " l'environnement du sol des Watts " (watts = marais de la mer des Wadden (Watten en allemand). La poterie aurait pu y être demeurée très longuement.
L'ethnologue a-t-il réellement fait un coup d'Etat ? Les contemporains de Toutankhamon marchandaient avec les buveurs de bière de la côte du nord ?
Les archéologues du Schleswig ne le croient pas. Ils pensent que Duerr est un escroc. " Au lieu de faire gratter les impuretés sur les morceaux par un scientifique indépendant, il l'a fait lui-même et a envoyé le sac au laboratoire ", accuse Kühn. - Qui prouve qu'il n'a pas été trompé ? ".
Mais peut-être que les tenanciers de l'opinion de l'école s'égayaient-ils si fort, parce que leur propre position vacillait... D'autres constatations montrent également que la population de l'âge du bronze a mené beaucoup plus de commerce que prévu. Ce sont les méthodes de tests modernes de la minéralogie et de l'archéométallurgie, qui montrent maintenant que le transport sur de vastes distances des matières premières pastorales s'est réellement produit :
* L'homme du glacier Ötzi, par exemple, avait les meilleurs silex du lac de Garde dans sa poche (-7000 ans !).
* Le cuivre du célèbre "Nebra Heaven - " disque céleste de Nebra" provient des Alpes orientales.
* Il y a plus de 3000 ans, les anciens Allemands imitèrent des chaises pliantes égyptiennes. Dans leurs tombeaux a été trouvé des "aiguilles de chignon" de Chypre et des perles de verre de la Grèce.
L'Europe était plus perméable que longtemps soupçonné, les produits de luxe et les idées religieuses ont été transportés en canot à travers le continent. Les commerçants de la vieille Europe se sont aventurés au-delà, même en haute mer. Même pendant l'âge de pierre, il y avait un "ferry" pour Helgoland. La preuve : Sur l'île un silex rouge rare se trouve. Les marchands du Néolithique l'ont échangés en Hollande où il a été retrouvé dans des couches préhistoriques...
Il y a quelques années, tout ceci semblaient tout à fait impensable... (et les dogmes de la science, même sans preuves, sont tenaces...). Au mot «commerce», la plupart des experts se prenaient la tête. Quand les enfants jouant à Dohnsen dans le Lüneburger Heide (Allemagne) ont trouvé une coupe en bronze Mycénienne, l'artefact s'était "évidemment" retrouvé là récemment, dans les temps modernes. Le crâne d'un moine berbère, découvert lors de fouilles dans l'ancien sanctuaire irlandais d'Emain Macha, était tout simplement muet...
Même les chercheurs du Schleswiger, les adversaires de Duerr, étaient jusque-là strictement du côté des sceptiques. Ils ne voulaient même pas accepter la présence des Romains dans le Watt. " Dans les années quatre-vingt, quand Föhr a trouvé beaucoup d'argent romain, nous avons d'abord pensé qu'un collectionneur étudiant avait perdu sa collection de pièces de monnaie ", admet Ingrid Ulbricht, directeur du magazine au Musée provincial Gottorf.
Un mauvais jugement a été malheureusement fait par l'archéologue Silesien en 1996. Un profane leur avait présenté une hache verte brillante en jadéite. " Elle date de l'âge de pierre et a été découverte dans une tombe près de Flensburg ", avait expliqué l'homme. Mais les critiques l'avaient vu différemment: " C'est un souvenir des mers du Sud ". Seul le préhistorien Lutz Classen a pu le prouver maintenant: Le Prunkwaffe (arme brillante) est très préhistorique. Le Jade rare vient d'une mine dans les Alpes ligures et a été transporté sur de longues distances jusqu'à la mer Baltique il y a plus de 5000 ans.
Tout cela signifie donc que : l'Europe avait déjà été ruinée par des routes commerciales. Il y avait des chemins de planches à travers les landes, avec de la navigation côtière et un réseau de rivières. Avec cette perspicacité, les chercheurs commencent seulement à prendre au sérieux ce que les sources grecques de la fiction et des mythes ont toujours dit confusément (Homère par exemple). Elles rapportent des voyages des «hyperboréens» (traduit par: "ceux qui vivent au-delà du vent du nord") où le soleil ne descend pas pendant l'été.Les pays du Sud étaient particulièrement populaires pour les mines d'étain de Cornouailles. Des centaines de mineurs ont rapporté le minerai noir des puits profonds. Sur la Méditerranée, ce métal était constamment rare - il n'y avait pas de dépôts fertiles. Seuls ceux qui possédaient de l'étain pouvaient le mélanger au cuivre et produire du bronze: le matériau pour les armes les plus dures.
Mais l'ambre a aussi attiré. «Les larmes des dieux», comme les Grecs appelaient la résine antique, qui se charge électrostatiquement avec son frottement et sent dans le feu. De Mycènes à l'Égypte, de beaux colliers de femmes du monde avec l'ambre jaune. Tous ces bijoux provenaient du nord. Sur Sylt, Föhr et Amrum, de riches princes ont vécu à l'âge du bronze, dont les sujets ont recherché la résine originale sur la plage. «La côte ouest semble avoir été une sorte de monopole dans ce commerce», dit en premier l'historien Albert Bantelmann.
Des centaines de tombes subsistent encore sur les îles de la Frise du Nord, ce qui témoigne de la prospérité des anciens chefs marchants. Ils pouvaient être enterrés dans des cercueils d'arbres ou de bois, et ils ont pris des poignards, des pompons et mamelons pour combattre dans l'au-delà. Les marchands remontaient habituellement l'Elbe en canot. Ainsi ils avancèrent, en partie à pied, loin dans l'intérieur, atteignant la Vltava (Moldau) et les contreforts des Alpes. Le plus beau collier d'ambre préhistorique a été découvert en 1996 au site de l'usine d'Audi à Ingolstadt. Il se compose de plus de 2700 perles.
Mais comment s'est déroulée la route transcontinentale, le Grand Tour vers Mycènes et la terre des pyramides ? L'ethnologue Duerr suspecte un «commerce international ibérique-nord-ouest européen par la mer».
Mais c'est probablement trop. Mis à part quelques planches pourries et des images des roches pâles de Scandinavie, les navires montrés, rien n'est conservé de la vieille marine nordique. Après tout, dans North Ferriby (Angleterre) on a découvert des troncs de chêne, donnant une idée des bateaux de l'âge du bronze. Le plus grand mesure 13,2 mètres de long, 1,7 mètres de large et offre 18 espaces de rameurs. Il avait des planches, qui n'ont pas été cloutées, mais ont seulement été croisées et assemblées avec soin. Le bitume a servi de scellant (on a aussi trouvé un bateau de 4000 ans et des traces de bitume pour imperméabiliser et coller les planches). Un autre type de bateau, appelé le "Curragh", semblait moins digne de confiance. Il avait seulement un squelette (en bois) qui était recouvert de fourrure animale. Il fallait retirer de l'eau tout le temps (écoper). Il est peu probable que les navigateurs frisons et leur ambre voyagaient plus de 5000 kilomètres vers la Crète avec de tels véhicules.
Mais même les hautes cultures du Sud auraient eu un grand besoin d'un voyage direct à la mystérieuse île de l'ambre "Abalus" de Pytheas (qui était probablement l'île de Heligoland). Ils avaient de grands navires avec des voiles et pouvaient naviguer avec l'aide des étoiles. Mais avant Gibraltar, un mauvais vent de face souffle souvent. En outre, si vous voulez quitter la Méditerranée, vous devez surmonter un contre-courant rapide sur plus de cinq heures. C'est encore un peu nerveux sur la côte ibérique. Puis suit le golfe de Gascogne - des centaines de kilomètres d'horreur sans baie protectrice. Ce n'est qu'après des semaines que les bateliers entraient dans la Manche pour charger enfin les barres d'étain convoitées.
Et pourtant: les Américains de la Méditerranée ont clairement osé la visite. Il est certain que vers environ 1100 av. J.-C., les Phéniciens fondèrent l'avant-poste Gadir (Cádiz) vers l'Atlantique. Homer loue ce peuple comme «héros de la navigation» et qui avait apporté l'ambre convoité aux Grecs.
Ce qui s'est passé au-delà de Gadir est cependant dans l'obscurité. Les Phéniciens gardaient leurs routes commerciales comme un secret d'Etat. Peut-être qu'ils n'ont pas pris la route du nord eux-mêmes, mais ont organisé un commerce maritime de tribu à tribu le long des côtes...
Mais les rivières ont aussi été utilisées. Les Grecs, qui fondèrent Marseille vers 600 av. J.-C., poussèrent généralement sur le Rhône et la Saône. Puis une montagne bloqua le voyage. Ils montèrent donc à pied à travers la chaîne de montagnes et arrivèrent sur les bords de la Seine. La tribu vivant là, selon l'hypothèse, était évidemment soudoyée avec des présents. Le fameux tombeau de la «Princesse de Vix», situé dans la région, était rempli de la plus belle céramique grecque et d'un pot de mélange de Sparte de 1,64 m de haut. Les Grecs devinrent populaires parmi les étrangers avec de tels cadeaux. Il est probable que les indigènes celtes et leurs canots ont ensuite pris à leur compte la deuxième partie de la route commerciale et traversé la Seine jusque dans la Manche.
De cette façon, l'étain et l'ambre brillant de la Mer du Nord et de la Baltique entraient toujours dans les pelotons de tête commerciaux qui ont mené à l'Orient. La nouvelle image du trafic interurbain animé à travers la vieille Europe s'accorde bien avec les pièces et artefacts de l'ethnologue Duerr. Il existe de nombreux indices selon lesquels «les princes Bernstein (de l'ambre)» habitaient autrefois la mer du Nord. Il aurait pu y avoir une connexion du marais au désert.Cependant, rien n'a encore été prouvé. Parce qu'il n'est pas autorisé à creuser pour le jury formel, l'ethnologue garde ses tessons dans une cachette. Il refuse de se rendre au Landamt opposé à son avis. « C'est une tragédie, dit Albert Panten, un historien de Niebüll, tout le monde se bloque ». Il a donc encouragé une commission indépendante, qui doit maintenant examiner tous les débris intarissables. « Il doit se passer quelque chose », dit Panten, " peut-être qu'il y a une sensation derrière les morceaux brisés découverts ". d'après un article de MATTHIAS SCHULZ (2006) pour Spiegel, de Yves Herbo (2016), et extraits de Hans Peter Duerr: "Rungholt - The Search for a Sunken City". Island Publishing House, Frankfurt am Main; 764 pages.
Les archéologues, depuis des années, fouillent les vases dès que les eaux sont assez bases et découvrent sans arrêt des objets, poteries, ustensiles divers et décorations de maisons. (extrait du documentaire ci-dessous)
Vue d'avion, des fondations importantes apparaissent... (extrait du documentaire ci-dessous)
Les marées dégagent provisoirement les sables et boues, découvrant des empreintes nettement artificielles de cette "Atlantis du Nord"...(extrait du documentaire ci-dessous)
Des artefacts remontés par les filets jetés dans la mer des Watten (ou Wadden en néerlandais)...
Musée de Rungholt : des artefacts trouvés sur place et leurs probables provenances placées sur une carte.
Musée de Rungholt : une photo satellite de l'endroit
En Grande-Bretagne, Ravenser Odd, également orthographié Ravensrodd, a existé un port dans l'East Riding of Yorkshire, en Angleterre, au cours de la période médiévale, construit sur les bancs de sable à l'embouchure de l'estuaire de la Humber.
Le nom Ravenser vient du Viking Eyr de Hrafn ou "la langue de Raven", se référant au "promontoire du banc de sable perdu", le successeur moderne qui est maintenant connu comme Spurn point, où des vikings ont probablement débarqué et installé un comptoir provisoirement. La ville a été fondée par le comte d'Aumale vers le milieu du XIIIe siècle, et avait plus d'une centaine de maisons et un marché florissant en 1299, quand il lui a été accordé une charte d'arrondissement. Au 13ème siècle, la ville était un port plus important que Kingston upon Hull, en amont de la Humber, et a été représenté dans le Parlement en 1295. Mais des tempêtes sur l'hiver 1356-1357 ont complètement inondé la ville, emmenant le banc de sable et menant à son abandon, puis la ville a été en grande partie détruite par le Grote Mandrenke de Janvier 1362. Le site est maintenant complètement sous l'eau.
Références : Heed, Levke (13 July 2012). "Rungholt - "Atlantis der Nordsee" (German)" . Norddeutscher Rundfunk
Steinlein, Christina (15 August 2012). "Rungholt - das deutsche Atlantis (German)" . Focus Online
"Rungholt - auf den Spuren einer versunkenen Welt (German)" . Husumer Nachrichten.
Hans Peter Düerr: "Rungholt - La recherche d'une cité perdue". Insel Verlag, Frankfurt am Main; 764 pages
Ici se trouvent plusieurs photos montrant des vestiges remontés de la Mer des Watten, en provenance de Rungholt et visibles au Musée qui leur est entièrement dédié : http://www.alamy.com/search.html? (et chercher Rungholt).